Des enjeux touchant aux droits de la personne perdurent dans les communautés nordiques.

2016-12-02

Récemment, la présidente de la Commission, Marie-Claude Landry, Ad. E., a rencontré plusieurs représentants de groupes communautaires à Yellowknife, aux Territoires du Nord-Ouest. Toutes les personnes qu’elle a rencontrées lui ont fait part de sérieuses violations des droits de la personne qui surviennent dans cette région du pays. On a fait remarqué à la présidente, que les gens vivant au sud, ne peuvent pas bien comprendre les conditions précaires dans lesquelles vivent les personnes vulnérables, tel que les femmes et les enfants vivant dans les communautés autochtones éloignés du Nord.  

Les intervenants œuvrant auprès des populations, ont soulevé plusieurs enjeux, dont le manque de logements convenables et les pénuries de nourriture et d’eau potable. Ils ont parlé du fait que beaucoup de femmes et de jeunes vivent dans des circonstances de vulnérabilité et font face à la violence et à des problèmes d’itinérance. De plus, l’accès aux services de soutien psychologique et aux abris d’urgence est très limité. Selon les personnes rencontrées, il n’est pas donné à tous de grandir dans un endroit sécuritaire et de pouvoir fréquenter une école de quartier lorsque l’on habite dans une communauté autochtone nordique et éloignée. 

Dans plusieurs communautés autochtones du Nord, les infrastructures nécessaires à l’éducation des jeunes n’existent pas. Il en résulte que plusieurs jeunes doivent quitter leur communauté pour aller à l’école. Lorsqu’ils ne reviennent pas, on a l’impression de revivre l’époque des écoles résidentielles. Les familles et les communautés ressentent un vide face à l’absence des jeunes, et les jeunes peuvent en venir à se sentir déconnectés de leur communauté. 

Ces constations sont les mêmes que celles exprimées lors des tables rondes auprès des femmes autochtones et résumées dans le rapport Hommage à la résilience de nos sœurs publié en 2015. Ces défis ont aussi été rapportés dans le Rapport de 2014 du Rapporteur spécial sur les droits des peuples autochtones, James Anaya. Dans ce Rapport (disponible en anglais seulement), le Rapporteur spécial recommande que le « Canada (…) agissent rapidement pour remédier à la crise de logement qui touchent les communautés autochtones à l’intérieur et à l’extérieur des réserves, surtout dans les communautés nordiques. » (Traduction libre)

Les appels à l’action de la Commission Vérité et Réconciliation réclament aussi que le gouvernement fédéral adresse les enjeux reliés aux droits de la personne qui affectent les populations du Nord. Plus précisément, l’appel à l’action 21 demande au gouvernement fédéral « …de fournir un financement à long terme pour les besoins des centres autochtones, nouveaux et de plus longue date, voués au traitement de problèmes de santé physique, mentale, émotionnelle et spirituelle avec lesquels doivent composer les Autochtones et qui découlent de leur expérience dans les pensionnats, et de veiller à accorder la priorité au financement de tels centres de traitement au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest. »

Les défis relatifs aux droits de la personne qui affectent les communautés nordiques et éloignées, et particulièrement les communautés autochtones, font partie des défis les plus pressants au Canada présentement. La Commission canadienne des droits de la personne vise à promouvoir les principes d’égalité, de dignité et de respect dans toutes les régions du pays. La présidente, Mme Landry, a affirmé qu’une des priorités de la Commission est de trouver des façons de collaborer avec les groupes autochtones et non autochtones afin de sensibiliser la population et de trouver des moyens d’adresser les enjeux relatifs aux droits de la personne auxquels ces populations continuent de faire face.