Appliquer le principe de Jordan au-delà des services de santé

2016-09-12

Le 10 mai, nos collègues de la Commission des droits de la personne du Manitoba ont mis au défi toutes les commissions des droits de la personne à travers le pays, pour qu’elles rendent hommage à la « Journée de mise en œuvre du principe de Jordan » en formulant un gazouillis ou en affichant une photographie avec un ourson sur les médias sociaux.  

Journée de mise en œuvre du principe de Jordan

La réaction a été formidable. Certaines des commissions ont même partagé des photographies prises dans des écoles ou par des groupes communautaires ayant eux aussi relevé le défi.

C’était une bonne façon de célébrer et d’alléger un peu un problème très sérieux.  

Le principe de Jordan exige que lorsqu’un enfant a besoin de services de santé, ceux-ci doivent lui être fournis par le premier gouvernement ayant été contacté. Si nécessaire, ce gouvernement peut ensuite demander un remboursement à un autre ressort territorial. 

Ainsi que l’explique le site Web de la First Nations Child & Family Caring Society of Canada

[TRADUCTION] « Le principe de Jordan est une approche qui favorise “l’enfant d’abord” adopté  en mémoire de Jordan River Anderson. Jordan était un enfant autochtone, de la Nation crie de Norway House au Manitoba. Né avec des besoins médicaux complexes, Jordan a passé plus de deux ans à l’hôpital inutilement, pendant que le gouvernement provincial du Manitoba et le gouvernement fédéral se disputaient pour savoir qui devrait payer pour ses soins à la maison. Jordan est décédé à l’hôpital à l’âge de cinq ans, sans n’avoir jamais passé une seule journée dans amaison familiale. »

En général, les services de santé sont de compétence provinciale. Cependant, les services dispensés dans les réserves des Premières Nations sont sous compétence fédérale. Par contre, la plupart des gens ne comprennent pas bien les enjeux,  les politiques et la loi concernant les compétences.

L’objectif du principe de Jordan est d’assurer que les services de santé sont fournis en temps opportun, afin que la santé et le bien-être des jeunes et de leurs familles ne soient pas mis en péril à cause des disputes bureaucratiques liées aux compétences. 

Journée de mise en œuvre du principe de Jordan

En mai 2016, le gouvernement fédéral a confirmé qu’il s’engageait à fournir les ressources nécessaires afin de pleinement mettre en œuvre le principe de Jordan. Voilà une nouvelle qu’il convient de célébrer, car les compétences ne devraient jamais être un obstacle quand un enfant a besoin d’aide. Parfois cependant, « tout se joue dans les détails ». Ceux parmi nous qui travaillent dans le domaine des droits de la personne doivent être attentifs  pour assurer que des gestes concrets suivent ces belles paroles.

À la Commission canadienne des droits de la personne, nous nous sommes aussi posé  la question suivante : qu’arriverait-il si on adoptait  l’approche du « principe de Jordan » pour tous les services?  

La Commission a déjà  entrepris  des changements substantiels pour mettre les gens avant tout et les aider à naviguer au travers du processus de plainte. Nous interpellons également les autres commissions des droits de la personne pour voir si nous pouvons aider à clarifier des questions comme celle des compétences, lorsqu’elles ne sont pas claires.  

Serait-ce plus facile pour les gens d’avoir accès à leurs droits de la personne si nous appliquions le principe de Jordan?

À la Commission, nous croyons que c’est le cas. Nous commençons à penser en des termes plus larges à Jordan River Anderson et à ce qu’il nous a laissé en héritage, et à chercher comment nous pouvons offrir des services plus accessibles.